lundi 6 juillet 2026
Justice Guinée

CRIEF : Sékou Kaké rejette tout lien d’affaires avec l’ancien ministre Dr Mohamed Diané

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Admin Katrouma

09 Jun 2026 à 19:54

CRIEF : Sékou Kaké rejette tout lien d’affaires avec l’ancien ministre Dr Mohamed Diané
À la barre de la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), l’homme d’affaires Sékou Kaké a fermement rejeté les accusations de blanchiment aggravé de capitaux et d’association de malfaiteurs visant sa société SOGEFEL et lui-même. Face aux magistrats, au parquet spécial et à l’Agent judiciaire de l’État, l’entrepreneur a défendu la légalité de ses activités, niant toute relation d’affaires avec l’ancien ministre de la Défense, Dr Mohamed Diané.
Il a également affirmé que son entreprise prospérait bien avant l’arrivée au pouvoir du régime d’Alpha Condé et qu’elle a même subi des préjudices financiers sous cette gouvernance. L’affaire impliquant l’ancien ministre de la Défense, Dr Mohamed Diané, continue de révéler de nouveaux développements devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Ce mardi 09 juin 2026, l’entrepreneur guinéen Sékou Kaké, fondateur de la Société Générale Fournitures Électriques (SOGEFEL), a comparu devant la chambre des appels pour répondre des accusations portées contre lui et son entreprise. Poursuivis pour blanchiment aggravé de capitaux et association de malfaiteurs, Sékou Kaké et SOGEFEL sont soupçonnés par le parquet spécial d’avoir servi de relais dans des opérations financières présumées liées à l’ancien dignitaire du régime d’Alpha Condé.
Une thèse que l’homme d’affaires a catégoriquement rejetée tout au long de son audition. Face à la Cour, Sékou Kaké a retracé le parcours de son entreprise, créée en 1999, soit bien avant l’arrivée au pouvoir de l’ancien président Alpha Condé. Selon lui, les performances économiques de SOGEFEL reposent sur plusieurs décennies d’activités commerciales et de partenariats établis avec des institutions financières nationales et internationales.
L’entrepreneur a insisté sur le fait que son patrimoine et ses investissements ne résultent d’aucune faveur politique. Il a rappelé avoir travaillé avec plusieurs acteurs économiques majeurs, notamment des banques commerciales, l’État guinéen et des partenaires étrangers, bien avant les changements politiques intervenus en 2010. L’un des points centraux de son intervention concernait les allégations de proximité économique avec Dr Mohamed Diané. Sékou Kaké a affirmé que leurs relations relevaient uniquement du cadre social et personnel, sans implication dans des opérations commerciales ou financières.
« Dr Diané n’a jamais eu des relations d’affaires avec nous », a-t-il soutenu devant les magistrats, rejetant toute idée selon laquelle SOGEFEL aurait été utilisée comme véhicule financier au profit de l’ancien ministre. Pour étayer sa défense, il a indiqué que les marchés publics obtenus par son entreprise l’ont été dans le cadre de procédures ouvertes et concurrentielles. Il a même affirmé avoir subi des pertes importantes durant la période où Dr Mohamed Diané occupait de hautes fonctions au sein de l’État.
Selon lui, plusieurs créances dues par l’administration guinéenne à son entreprise sont restées impayées pendant de nombreuses années. Il évoque notamment une dette de plus de 23 milliards de francs guinéens qui, selon ses déclarations, n’aurait toujours pas été totalement réglée jusqu’en 2023. L’homme d’affaires a également contesté plusieurs éléments matériels figurant dans le dossier. Il a nié tout lien avec certaines sociétés mentionnées par l’accusation ainsi qu’avec plusieurs biens immobiliers qui lui seraient attribués.
Devant la Cour, il a expliqué que certains équipements acquis dans le cadre de ses activités professionnelles avaient été financés par des institutions bancaires, notamment Coris Bank, dans le respect des procédures financières habituelles. Il a également mis en avant son ancienneté en tant que client bancaire et l’absence d’incidents financiers enregistrés à son encontre. Au-delà de sa défense personnelle, cette audience a permis de mettre en lumière les enjeux complexes de ce dossier, qui s’inscrit dans le vaste processus de lutte contre la corruption et les infractions économiques engagé par les autorités judiciaires guinéennes depuis plusieurs années.
À l’issue des débats, le parquet spécial et l’Agent judiciaire de l’État ont sollicité un délai supplémentaire afin d’examiner certains éléments versés au dossier. La Cour, présidée par Francis Kova Zoumanigui, a accédé à cette demande et renvoyé l’affaire au 23 juin 2026.
Cette prochaine audience pourrait marquer une étape importante dans la procédure, avec la poursuite des débats et l’éventuelle présentation des réquisitions du ministère public ainsi que des plaidoiries des différentes parties. D’ici là, Sékou Kaké continue de clamer son innocence et de défendre la légalité des activités de son entreprise, dans une affaire suivie de près par l’opinion publique guinéenne.
Rédaction
Publié le 09 Jun 2026 à 19:54