lundi 6 juillet 2026

Assemblée nationale : Dansa Kourouma, Makalé Traoré et Jean Paul Cédy en lice pour le perchoir

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Admin Katrouma

06 Jun 2026 à 11:58

Assemblée nationale : Dansa Kourouma, Makalé Traoré et Jean Paul Cédy en lice pour le perchoir
À l’issue des élections législatives du 31 mai 2026, la configuration de la future Assemblée nationale se dessine autour d’un nouveau rapport de forces dominé par la mouvance présidentielle. Dans ce contexte, la question de la succession à la présidence de l’institution parlementaire devient un enjeu politique majeur.
Trois profils émergent avec insistance pour occuper le perchoir : Dr Dansa Kourouma, forte de son expérience institutionnelle, Dr Makalé Traoré, figure du dialogue politique et symbole d’ouverture, et Jean Paul Cédy, représentant d’un profil technocratique et consensuel. Le choix final dépendra autant des équilibres politiques que des arbitrages stratégiques de la nouvelle majorité. Les résultats des élections législatives désormais connus ouvrent une nouvelle phase décisive de la vie politique guinéenne : la constitution du bureau de la future Assemblée nationale et, surtout, la désignation de son président.
Si plusieurs figures politiques de premier plan n’ont pas réussi à franchir l’étape électorale, une série de personnalités influentes issues de différentes formations politiques feront leur entrée au Parlement. Parmi elles figurent notamment des anciens ministres, des responsables politiques de premier plan et des acteurs majeurs de la transition institutionnelle. Dans un contexte où la mouvance présidentielle, regroupée autour du GMD, s’impose largement, l’équation du perchoir apparaît étroitement liée à la majorité parlementaire.
De nombreux analystes estiment en effet qu’il serait difficile pour une personnalité issue d’un parti non aligné avec cette coalition de prétendre à la présidence de l’institution.
Trois profils au centre des projections À ce stade, trois candidatures se détachent nettement dans les discussions politiques et médiatiques : Dr Dansa Kourouma, Dr Makalé Traoré et Jean Paul Cédy. Président du Conseil national de la transition, Dr Dansa Kourouma apparaît comme le candidat disposant de la plus forte expérience institutionnelle.
Son parcours parlementaire remonte à plus d’une décennie, avec une première immersion dans les mécanismes législatifs dès la période 2010–2014. À la tête du CNT depuis 2022, il a piloté une institution centrale de la transition, assimilée à une Assemblée nationale provisoire. Sous sa direction, plusieurs réformes structurantes ont été engagées : modernisation administrative de l’institution, renforcement de la diplomatie parlementaire, amélioration des conditions de travail du personnel, mais aussi lancement du chantier du futur siège du Parlement.
Sur le plan législatif, son mandat est marqué par des textes majeurs, notamment la nouvelle Constitution, les réformes liées au programme économique Simandou 2040, ainsi que des lois structurantes sur l’identification biométrique et l’état civil. Cette accumulation d’expériences institutionnelles place Dansa Kourouma parmi les favoris naturels pour diriger la future Assemblée. Dr Makalé Traoré incarne un profil politique différent, marqué par l’expérience gouvernementale, la diplomatie politique et l’engagement dans les processus de transition.
Ancienne ministre, directrice de campagne présidentielle et actrice majeure du Conseil national de transition de 2010, elle s’est imposée au fil des années comme une personnalité centrale du dialogue politique en Guinée. Elle a également joué un rôle clé dans les Assises nationales et dans les cadres de concertation politique durant la transition actuelle, renforçant son image de femme de consensus.
Si elle accédait au perchoir, elle deviendrait la première femme élue à présider une Assemblée nationale en Guinée, un tournant historique potentiel dans la représentation politique du pays. Ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et ex-haut cadre de l’administration, Jean Paul Cédy se distingue par un parcours davantage axé sur la gestion publique et le secteur éducatif. Proviseur de grands établissements et administrateur expérimenté, il s’est construit une réputation de rigueur et de discipline dans le système éducatif avant d’intégrer les hautes fonctions gouvernementales.
Son profil est perçu comme celui d’un technocrate capable d’assurer la stabilité institutionnelle et de maintenir une relation équilibrée avec l’exécutif, un facteur souvent déterminant dans le choix du président de l’Assemblée. Au-delà des profils individuels, la désignation du futur président de l’Assemblée nationale dépendra avant tout des équilibres politiques internes à la majorité issue des urnes.
Expérience institutionnelle, poids politique, représentation régionale, équilibres de genre et capacité de dialogue avec l’exécutif constitueront les principaux critères d’arbitrage.
Si Dansa Kourouma semble bénéficier d’un avantage en termes d’expérience, Makalé Traoré incarne une option politique et symbolique forte, tandis que Jean Paul Cédy représente une alternative plus technocratique et consensuelle.
Dans tous les cas, le dernier mot reviendra à la nouvelle majorité parlementaire, avec en arrière-plan les orientations politiques du pouvoir exécutif. Des scénarios d’outsiders ne sont pas exclus, confirmant que le choix du perchoir reste avant tout une décision éminemment stratégique et politique.
Marie Rose Soumah
Publié le 06 Jun 2026 à 11:58